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Gros plan sur la start-up Kimialys, spécialiste des chimies de surface appliquées aux biocapteurs

SOLUTION | VALORISATION DE LA RECHERCHE | épisode #3 | par Solenne Denis de La Gazette du Laboratoire | 20 Juillet 

Née des recherches de l’ENS Paris-Saclay, valorisée et accompagnée par la SATT Paris-Saclay, la start-up Kimialys a développé des chimies de surface innovantes appliquées aux biocapteurs, pour révolutionner le diagnostic précoce des maladies. De la recherche appliquée à la création d’entreprise, découvrons les clés de cette belle aventure, scientifique, technologie et humaine…

Le fruit de dix années de recherches menées au sein de l’ENS Paris-Saclay

Dix années de recherches menées au sein du Laboratoire de Biologie et Pharmacologie Appliquée (LBPA), unité mixte de recherche (UMR) ENS Paris-Saclay – CNRS, sont à l’origine du projet Kimialys. « Nous avions alors pour ambition de mettre au point une méthodologie exclusive relative à une chimie de surface permettant de détecter une molécule en milieu complexe, en s’affranchissant de toute interaction non spécifique », explique Claude NOGUES, chercheur CNRS au LBPA, instigatrice du projet.

 

Le potentiel de valorisation de ces recherches est tout de suite détecté, notamment dans le domaine de la santé, par le service de valorisation de l’ENS Paris-Saclay. « Conscients de l’intérêt que pourraient susciter ces résultats sur le marché des biopuces dans le domaine du diagnostic, nous nous sommes très rapidement tournés vers l’accompagnement de la SATT, d’abord dans le cadre d’une prestation de valorisation, puis d’une demande de financement de maturation », explique Christian HAMON, Responsable de la Direction en appui à la recherche et l’innovation de l’ENS Paris-Saclay.

Une convention de maturation est alors initiée - en octobre 2017 - entre la SATT Paris-Saclay, le CNRS et l’ENS Paris-Saclay dans le cadre du projet GLISS (General Liquid Interface Specific Surfaces).

 

Pendant dix-huit mois de maturation, de nombreuses étapes sont franchies, tant sur les aspects scientifiques et technologiques, que sur le plan de la propriété intellectuelle et du business. « Nous avons pu non seulement démontrer la pertinence de notre approche sur des surfaces planes de biopuces, mais aussi la transposer sur des structures sphériques, telles que les nanoparticules », précise Claude NOGUES. Côté propriété intellectuelle, « Ce temps a été mis à profit pour formaliser les actifs – via un brevet et deux savoir-faire – en vue de leur transfert », explique Arnaud PERAL, Chargé de valorisation au CNRS. Côté business enfin, la voie pour la création d’une start-up est désormais ouverte.

 

Equipe constituée, société officiellement créée : défi relevé courant 2020 !

En fin de maturation, il ne restait plus qu’à identifier le CEO pour porter l’entreprise ; Claude NOGUES ayant fait le choix de poursuivre l’aventure en tant que Directrice scientifique. Ce dernier défi est relevé courant 2020 avec l’arrivée de Cyril GILBERT, ingénieur de formation, spécialisé en investissement DeepTech, passé par Jolt Capital. « J’ai immédiatement été séduit par la robustesse de la technologie, son potentiel de disruption du marché et sa capacité à être déclinée vers différentes applications », confie-t-il. Un enthousiasme visiblement partagé par les deux ingénieurs de recherche associés au projet pendant sa phase de maturation qui font, eux aussi, le choix de poursuivre l’aventure dans le cadre de la start-up.

 

Quant à Claude NOGUES, c’est avec énormément de détermination qu’elle envisage le nouveau challenge qui s’ouvre à elle. « Après une première partie de carrière consacrée à la recherche dans un laboratoire académique, je trouve particulièrement grisante la prise de risque associée à la création d’une start-up et le travail consistant à créer une équipe engagée au service du succès d’un projet qui nous tient tous à cœur », ajoute-t-elle.

 

Kimialys a donc vu le jour en octobre 2020, quelques mois avant que ne soit conclu – le 17 février 2021 - le contrat de transfert de technologie entre la SATT Paris-Saclay et la jeune entreprise. « La signature de ce contrat de transfert est pour nous tous l’aboutissement d’une très belle aventure, scientifique, technologique et humaine, au cours de laquelle nous avons su, collectivement, paver le chemin menant de la recherche appliquée à la création d’entreprise », se réjouit Sterenn GERNIGON, Directrice de l’Investissement Pôle Ingénierie et Numérique de la SATT Paris-Saclay. Côté établissement, on se félicite également de ce résultat. « Parvenir à accompagner ainsi un projet de recherche très fondamentale jusque sur le marché est toujours une grande satisfaction », témoigne Christian HAMON. « D’autant plus quand, comme c’est le cas pour Kimialys, on a su associer à une technologie puissante un solide portefeuille de propriété intellectuelle », ajoute Arnaud PERAL.

 

Les ambitions de Kimialys tournées vers le monde du diagnostic

C’est donc un nouveau chapitre qui s’ouvre en 2021 pour Kimialys. Spécialisée dans le développement de tests de diagnostic et de solutions d’analyses in vitro fiables, rapides et à bas coût, la jeune entreprise s’appuie sur une chimie de surface innovante et brevetée des biocapteurs (biopuces, nanoparticules) pour augmenter la sensibilité et la spécificité des bio-détections, tout en améliorant leur prix de revient. Kimialys entend ainsi déployer son innovation sur deux segments de l’analyse in vitro : d’une part en recherche préclinique, en permettant aux laboratoires pharmaceutiques d’optimiser la fiabilité des étapes de caractérisation et contrôle qualité des biomolécules ; d’autre part en diagnostic clinique, via le développement de tests rapides et innovants, en vue d’industrialiser des applications cliniques de rupture.

« Notre ambition est aujourd’hui très claire : démocratiser notre technologie pour que son impact soit le plus fort possible dans le monde du diagnostic », explique Cyril GILBERT. Cet essor passera dans un premier temps par l’intégration de la solution de Kimialys via d’autres industriels, avant que la start-up ne développe ses propres diagnostics. « Forts de la double expertise en chimie et en physique de notre équipe, nous envisageons en effet de travailler à couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur pour être en capacité de proposer nos propres tests à l’horizon 2025 », conclut Claude NOGUES. Lauréate du concours i-Lab (2019) et soutenue par le Programme d’Investissements d’Avenir opéré par Bpifrance, Kimialys est actuellement en recherche de financements d’amorçage…

Pour en savoir plus : https://www.kimialys.com/