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Rencontre avec Michèle Ottmann, responsable de l’Unité d’Enseignement de Biosécurité et de prévention des risques biologiques à l'Université Claude Bernard Lyon 1

SOLUTION | SÉCURITÉ  | épisode #6 | par Estelle Bouillard de La Gazette du Laboratoire | 21 Septembre 2021

Michèle Ottmann s’est engagée dans la création de cette unité d’enseignement il y a environ 10 ans, suite à son expérience au sein du laboratoire P4 de Lyon. Son objectif premier était de sensibiliser les étudiants aux notions de biosécurité et bio-sûreté en laboratoire au sein des parcours Infectiologie Fondamentale et Appliquée du Master 2 de Biologie Moléculaire et Cellulaire de l’Université Claude Bernard Lyon 1. 

L’UE (Unité d’Enseignement) Biosécurité est dispensée en 30 heures, sur deux axes - une partie théorique et une partie pratique.

Les travaux pratiques en laboratoire L2-L3 consistent à intégrer le mode opératoire d'entrée, de sortie et de travail sous Poste de Sécurité Microbiologique (PSM) de type II en laboratoire de confinement de niveau 3, avec pour mise en application un titrage viral. Les étudiants sont confrontés à la mise en situation réelle, leur permettant de vivre l’expérience et de comprendre les difficultés de cette manipulation en confinement. Ils découvrent également les enjeux et l’importance de la formation en expérimentant les gestes parasites dans le quotidien du laboratoire – et on fait le lien avec la crise sanitaire actuelle, on se rend compte de la difficulté de porter un masque correctement. Un détail important : l’utilisation de charlotte standard… qui met en danger tout le processus de sécurité, lorsque la charlotte est trop petite sur des cheveux abondants. Les étudiants doivent ainsi réfléchir à des solutions permettant de garantir la sécurité et découvrent l’existence d’équipements de protection individuelle (EPI) adaptés ! A la fin de ces travaux pratiques, les étudiants peuvent ainsi juger de leur capacité à travailler à un niveau de confinement et d’exigence accru.

 

Vue d’étudiants en cours d’exercice de manipulation en laboratoire de confinement de niveau 3 avec, pour mise en application, un titrage viral. ©Michele Ottmann

La partie théorique de l'UE Biosécurité comprend 6h de cours sur la classification des agents pathogènes humains, animaux et plantes, les niveaux de confinement correspondants, les bonnes pratiques de laboratoire, ainsi que les aspects réglementaires français en termes de Confinements, Gestion des Micro-organismes et Toxines (MOT), Gestion des Organismes Génétiquement Modifiés (OGM), Agrément de Transfert de Matériel (MTA), Règles pour le transport des pathogènes, et Formation et habilitation des personnels.

Les aspects réglementaires sont abordés avec un travail de recherche documentaire individuel sur un pathogène MOT de niveau 3 ou 4, avec une simulation de création d'OGM, ainsi que sur un EPI ou équivalent, le tout concrétisé par une présentation orale.

Michèle Ottmann insiste sur la sensibilisation à la sécurité au laboratoire et l’importance de connaître les procédures pour limiter les risques.

Pour ce faire, les étudiants travaillent autour de tous les axes nécessaires à la gestion du risque :

  • Respect des bonnes pratiques de laboratoire et des procédures d'entrée et de sortie d'un échantillon (qui ? quoi ? où ? comment ?), d'un laboratoire confiné.
  • Elaboration de plans d'expérience incluant la biosécurité
  • Organisation de plans de travail sous PSM pour garantir la sécurité biologique et la validité des résultats.
  • Analyse des risques en laboratoire confiné.
  • Savoir chercher les documentions sur les aspects réglementaires concernant les niveaux de confinements, la classification des pathogènes, les OGM, les MOT, le transport de matières infectieuses.
  • Remplir un dossier OGM du HCB (tableau hôte-vecteur-insert)
  • Analyser les pratiques par rapport aux risques biologiques

A la fin de cette UE, les étudiants, via un exposé, présentent à une équipe une nouvelle thématique de recherche en infectiologie avec la construction d’un OGM et son utilisation dans un modèle animal, en incluant les aspects réglementaires et les dispositions à prendre auprès des instances administratives. Cet exercice permet de réaliser la difficulté quotidienne de la gestion du risque dans les laboratoires.

Cette UE est une opportunité de découvrir les tenants et aboutissants de la biosécurité au sein d’un laboratoire et, grâce à l’expérience de sa responsable, de garantir une réalité pratique aux étudiants. Très ouverte, Michèle OTTMANN sensibilise également ses étudiants à la sécurité en général, en les invitant à s’ouvrir aux nombreuses formations (gestion d’un incendie dans un laboratoire etc…) et à notre environnement quotidien (utilisation des DAE (défibrillateurs) etc…), selon le principe « Tous informés, tous protégés ».

 

Pour en savoir plus : http://offre-de-formations.univ-lyon1.fr/%2Fue-8510-317%2Fbiosecurite-et-formation-prevention-des-risques-biologiques.html