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Comment Ineris étudie les risques chroniques liés aux substances chimiques et agents physiques ?

SOLUTION | SÉCURITÉ | épisode #4 | par Solenne Denis de La Gazette du Laboratoire | 31 Août 2021

L’Ineris, Institut national de l’environnement industriel et des risques : l’expert public pour la maitrise des risques industriels et environnementaux

L’Ineris a pour mission d’évaluer et prévenir des risques induits par les activités économiques sur l’environnement, la santé, la sécurité des personnes et des biens. Qu’en est-il des risques chroniques liés aux substances chimiques et agents physiques ? Comment l’Ineris les étudie-t-il ?

30 000 m² de laboratoires, plus de 500 collaborateurs dont 120 docteurs et ingénieurs…

L’Ineris est un établissement public à caractère industriel et commercial, placé sous la tutelle du ministère chargé de l’environnement. Officiellement constitué en 1990, il est issu d’une restructuration du Centre de recherche des charbonnages de France (Cerchar), fondé en 1947, et de l’Institut de recherche chimique appliquée (Ircha), né en 1957. Capitalisant plus de 70 ans d’expertise et de savoir-faire dans les secteurs des mines, de l’énergie et de la chimie, l’Ineris s’est vu confier pour mission de « réaliser ou de faire réaliser des études et des recherches permettant de prévenir les risques que les activités économiques font peser sur la santé, la sécurité des personnes et des biens, ainsi que sur l'environnement ».

L’Institut – aujourd’hui doté de deux filiales : Ineris formation et Ineris développement – est resté fidèle à sa vocation première, à travers une activité de recherche de pointe, associant aux missions d’expertise des prestations de conseil aux entreprises et d’appui aux politiques publiques. Ses compétences scientifiques et techniques s’organisent autour de trois pôles complémentaires : les risques accidentels, les risques chroniques, et les risques du sol et du sous-sol.

Des moyens d’essais de pointe, souvent uniques en France

L’Ineris réunit aujourd’hui environ 500 collaborateurs, dont près de 120 docteurs et ingénieurs encadrant une quarantaine de doctorants. Basé à Verneuil-en-Halatte dans l’Oise sur un site de 40 hectares, il dispose également de quatre implantations régionales - Nancy, Aix-en-Provence, Lyon et Bourges – pour un total de 30 000 m² de laboratoires et des moyens d’essais souvent uniques en France. Certifié ISO 9001, l’Institut compte plusieurs unités accréditées Cofrac (essais, étalonnages, comparaisons interlaboratoires, certification de produits industriels) et une installation de bioessais reconnue BPL.

De l’effet des substances chimiques sur des écosystèmes complexes, à l’inflammation et au caractère explosible de produits chimiques, jusqu’au comportement à long terme de déchets industriels, la sécurité des systèmes de stockage de l’énergie, la caractérisation des risques liés aux nanomatériaux ou encore la simulation des effluents gazeux et particulaires… l’Institut possède un large éventail de compétences dédiées à la sécurité. Son approche expérimentale associe les études en laboratoire à la modélisation et la mise en œuvre de moyens d’essais en grand pour des tests au plus près des conditions réelles.

Quels travaux sur les risques chroniques liés aux substances chimiques et agents physiques ?

Basées sur une démarche d’évaluation « danger-risque-impact », les recherches de l’Ineris ciblent à la fois le danger des substances et des champs électromagnétiques, et leurs impacts sur le vivant. C’est dans ce contexte que l’Institut assure les services nationaux d’assistance sur les aspects réglementaires et techniques de REACH et CLP pour le compte du ministère chargé de l’environnement.

Plus globalement, les travaux de l’Ineris dans le domaine des risques chroniques visent à :

Un aperçu des laboratoires d’analyse (Chimie) 

→ identifier des dangers, à travers l’étude de la toxicité et l’écotoxicité des substances, en particulier de leur mécanisme d’action sur le système endocrinien. L’Institut s’appuie sur une importante infrastructure expérimentale dimensionnée pour des substances chimiques classiques, mais aussi pour les substances nanométriques. En parallèle des approches expérimentales (in vitro et in vivo), il mène des travaux sur des méthodes de modélisation moléculaire QSAR (propriétés toxiques et écotoxiques) et QSPR (propriétés physicochimiques), dans une perspective de développement des méthodes alternatives en expérimentation animale.

→ accompagner les mesures de gestion. L’Ineris élabore des profils toxicologiques et écotoxicologiques de substances permettant d’établir les valeurs repères sur les dangers liés à l’exposition aux substances, utilisées pour la protection de l’homme (seuils de toxicité aiguë ou chronique) ou pour la protection des milieux aquatiques. Ces travaux sont utilisés ensuite pour la gestion et les classements de substances par les institutions nationales et internationales compétentes.

→ mesurer et caractériser les substances. L’Institut dispose d’une importante plate-forme analytique et d’un savoir-faire historique en métrologie des substances qui lui permet de travailler à améliorer les méthodes et veiller à l’harmonisation des pratiques en proposant des guides méthodologiques…

→ faciliter à la substitution. L’Ineris apporte un appui aux acteurs économiques engagés dans une démarche de substitution des substances chimiques les plus préoccupantes. Un site Internet dédié [https://substitution.ineris.fr/fr] mis en place par l’Institut à la demande du ministère chargé de l’environnement, présente les informations fournies par les entreprises sur les alternatives disponibles pour deux familles de substances, les bisphénols et les phtalates.

→ caractériser les effets des champs électromagnétiques. L’Ineris met depuis plusieurs années sa double compétence en physique et en toxicologie au service de la recherche sur les risques liés aux radiofréquences. Ses travaux de recherche portent principalement sur les effets biologiques et sanitaires des téléphones mobiles sur le système nerveux. Un service national d’assistance sur les champs électromagnétiques a été mis en place à la demande du ministère chargé de l’environnement.

Fort d’une recherche multidisciplinaire, associant à la chimie et la physique, les sciences de la terre et de la vie, tout comme les sciences de l’ingénieur, les mathématiques appliquées à la modélisation, ou encore l’écologie, la sociologie et l’économie, l’Ineris poursuit ses travaux en collaboration étroite avec les meilleures équipes académiques et industrielles, en France, en Europe et à l’international. L’Institut est membre associé des alliances nationales de recherche Ancre, Aviesan et Allenvi, et membre fondateur de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB).

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