Portraits de 3 passionnées !

Les femmes à l’honneur au sein de l’EFS : Technicienne, ingénieure et directrice de recherche

PORTRAITS |  par Solenne Denis de La Gazette du Laboratoire | Avril 2022

Riche d’une grande diversité de métiers, l'Etablissement français du sang (EFS) regroupe plus de 10 000 talents. Tous, quel que soit leur niveau de qualification ou expérience, concourent au même objectif : l’excellence du service public transfusionnel français. Découvrons trois femmes de l’EFS, technicienne, ingénieure qualité et directrice de recherche, passionnées et passionnantes !

Mathilde ROUSSELET, Ingénieur qualité et responsable contrôle qualité pour les produits de thérapie cellulaire, EFS Occitanie

L’EFS a été, il y a sept ans, une vraie découverte pour Mathilde ROUSSELET ! Diplômée en microbiologie et en biologie cellulaire, et après quelques années dans le secteur pharmaceutique et l’environnement, elle intègre le service de thérapie cellulaire de l’EFS de Toulouse un peu par hasard ; dans le cadre d’une mission d’intérim, elle y est chargée de mettre en place une démarche qualité sur les procédés de fabrication des cellules souches hématopoïétiques. La qualité terrain correspond à son savoir-faire, mais la thérapie cellulaire reste pour elle un champ inexploré. Elle le découvre grâce à sa responsable.

 

En participant à la mise à jour en six mois du système qualité, Mathilde contribue au bon déroulement d’une inspection ANSM … et crée son poste ! Aujourd’hui à 40 ans, elle est devenue multi-casquettes ! Au sein de l’unité de thérapie cellulaire, elle s’assure que les greffons qui vont être distribués aux patients répondent à des critères de stérilité et soient riches en cellules d’intérêt. Elle est également coordonnatrice Car-T-Cells des laboratoires de biothérapies, pour l’unité de thérapie cellulaire et le centre de soins de l’Oncopole.

 

Et ce n’est pas tout ! Dans le cadre d’une mission nationale, Mathilde apporte son soutien à des protocoles et des projets d’harmonisation de thérapie cellulaire et de médicaments de thérapies innovantes. Enfin, elle forme à la qualité et intervient en tant qu’auditrice au niveau national. Un parcours riche qu’elle doit à des rencontres importantes au sein de l’EFS et à sa curiosité communicative. C’est d’ailleurs cela qu’elle recommande aux jeunes générations : être curieux et force de proposition.

 

Ce qui la fait se lever le matin ? Contribuer à une activité trop méconnue à son sens qui permet pourtant, grâce au sang, de soigner certaines pathologies graves telles que les lymphomes, myélomes et leucémies. Mathilde aime le rappeler : l’EFS détient 17 unités de thérapie cellulaire - soit 50% de cette activité très réglementée en France - et a la chance de posséder un réseau d’experts largement tournés vers la transmission de leur savoir de pointe.

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Catherine STRASSEL, Directrice de recherche à Strasbourg, EFS Grand Est

Catherine STRASSEL est une scientifique passionnée de biologie et du fonctionnement du corps humain. Elle a rejoint l’EFS il y a 21 ans et ne l’a plus quitté. Etonnamment, c’est sa passion pour le violon qui lui a permis de décrocher un stage au sein de l’établissement, sa recruteuse étant elle-même violoniste. Ainsi entrée à l’EFS alors qu’elle étudiait en DEA (aujourd’hui Master 2) de biologie moléculaire et cellulaire, elle y réalise sa thèse, son post-doctorat, devient chargée de recherche, puis à la faveur d’une habilitation à diriger les recherches (HDR) obtenue en 2017, évolue comme Directrice de recherche. Ce rôle lui permet de s’entourer de sa propre équipe de recherche et de superviser la thèse d’étudiants.

 

Son objet de recherche ? La production de plaquettes de culture ! Tout d’abord en charge de projets centrés sur la physiologie plaquettaire, elle s’est peu à peu intéressée aux mécanismes qui soutiennent la biogénèse des plaquettes. Elle a développé des modèles d’étude in vitro de ces mécanismes dans un premier temps chez la souris puis chez l’homme, et s’est ensuite impliquée dans la production de plaquettes produites à partir de progéniteurs hématopoïétiques humains. Ces plaquettes de culture ont une visée transfusionnelle, non pas pour suppléer aux dons de plaquettes, irremplaçables, mais pour répondre à des impasses transfusionnelles. Lorsqu’un patient a par exemple été multi-transfusé et que son système immunitaire, sensibilisé, détruit les plaquettes lors d’une nouvelle transfusion, il faut agir en urgence et transfuser des plaquettes immunocompatibles. C’est dans ce cadre, précise-t-elle que « les plaquettes de culture pourraient avoir un destin ».

 

Son projet, actuellement au stade de la preuve de concept, s’inscrit dans le long terme. Son souhait ? Faire progresser l’image de la recherche et démontrer son apport essentiel à la santé publique en faisant progresser les connaissances.

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Delphine MOTREFF, technicienne de laboratoire et cheffe d’équipe du laboratoire d’IH-Del d’Alençon, EFS Haut-de-France – Normandie

Son premier « vrai » job, c’est en tant que technicienne de laboratoire à l’EFS que Delphine MOTREFF l’a obtenu, en postulant un peu par hasard à une offre en région parisienne. Elle quitte sa ville de Nantes pour passer l’entretien de recrutement et… débute dès le lundi suivant ! Le métier lui plaît et elle décide quelques années plus tard de se faire muter à l’EFS d’Alençon pour se rapprocher de sa famille. Elle intègre alors le laboratoire d’immunohématologie et de délivrance (IH-Del) et une petite équipe très chaleureuse composée de quatre autres techniciens de laboratoire. Delphine ne les a plus jamais quittés !

 

En 2015, elle devient cheffe d’équipe et endosse de nouvelles responsabilités : planification du personnel, qualité, métrologie, hygiène et sécurité, environnement… Elle apprécie particulièrement ce nouveau rôle qui lui permet de découvrir de nouveaux métiers, et s’implique dans des groupes de travail pour échanger sur les bonnes pratiques et améliorer les méthodes afin de donner à ses collaborateurs les meilleures conditions de travail et, in fine, de toujours mieux soigner les patients.

 

Depuis 2020, Delphine épaule également Justine COOMBS, biologiste responsable du laboratoire d’IH-Del d’Alençon, dans la gestion du site. Toujours volontaire pour participer à de nouveaux projets, Delphine MOTREFF s’investit aussi auprès de l’association TACT (Techniciens Associés des Centres de Transfusion). Elle rencontre ainsi de nombreux professionnels et participe à des congrès sur l’actualité du métier de technicien de laboratoire. Son conseil pour les futurs talents de l’EFS ? « Faites confiance aux plus anciens et soyez curieux. L’EFS est un établissement riche et passionnant. Il y règne une bonne ambiance et, si on le souhaite, de nombreuses perspectives d’évolution sont possibles ».

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Pour en savoir plus : efs.sante.fr