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Juillet 2010 - Vers un traitement de l'hépatite E
L'hépatite E est responsable d'une inflammation aiguë ou chronique
du foie. Il s'agit d'une maladie émergente parfois mortelle et
sans traitement connu. Dans un article à paraître dans la
revue Annals of Internal Medicine, Vincent Mallet, Philippe Sogni et Stanislas
Pol et leur équipe de l'Institut Cochin (Université Paris
Descartes, CNRS, Inserm) et du Groupe Hospitalier Cochin Saint-Vincent
de Paul (AP-HP) rapportent l'efficacité d'un traitement chez deux
personnes souffrant d'une infection chronique par le virus de l'hépatite
E. Des essais cliniques devraient être réalisés rapidement
afin de valider et d'étendre ce traitement.
Le virus de l'hépatite E est la première cause d'hépatite
virale dans le monde et on estime que le tiers de la population mondiale
a été infectée par ce virus. Si la majorité
des cas survient dans les pays en voie de développement, on assiste
à une émergence de cas d'infection en France et dans les
autres pays industrialisés où le virus se transmet à
l'homme par la consommation d'aliments contaminés insuffisamment
cuits.
Le virus de l'hépatite E, comme les autres virus des hépatites,
provoque une inflammation du foie. Dans sa forme aiguë, l'infection
aiguë peut être mortelle chez les personnes âgées,
les femmes enceintes et chez les personnes malades du foie. Chez les personnes
immunodéprimées (patients greffés, patients sous
chimiothérapie ou personnes vivant avec le VIH), l'infection par
le virus de l'hépatite E peut évoluer vers une hépatite
chronique et entraîner une cirrhose.
Un second souffle pour la Ribavirine
La Ribavirine est un médicament actuellement prescrit pour traiter
certaines infections virales respiratoires chez l'enfant et certaines
fièvres hémorragiques. Il est également utilisé
dans le traitement de l'hépatite C.
Vincent Mallet, maître de conférences à l'Université
Paris Descartes et praticien hospitalier au sein du Groupe Hospitalier
Cochin Saint-Vincent de Paul (AP-HP), a proposé à deux patients
immunodéprimés souffrant d'une infection chronique par le
virus de l'hépatite E de suivre un traitement à base de
Ribavirine. Chez les deux patients, après deux semaines de traitement,
le fonctionnement du foie est redevenu normal. Après quatre semaines
de traitement, le virus est devenu indétectable dans l'organisme.
Enfin, après l'arrêt du traitement (respectivement 6 et 3
mois à ce jour), le fonctionnement hépatique restait normal
et le virus de l'hépatite E demeurait indécelable.
Ce rétablissement spectaculaire des deux patients montre le potentiel
de la Ribavirine comme traitement des formes graves d'infection par le
virus de l'hépatite E. « Il faut toutefois rester prudent
» déclare Vincent Mallet. « En raison du manque de
recul, on ne peut encore affirmer la guérison totale des patients,
mais notre travail est une véritable avancée. Des tests
cliniques doivent maintenant être menés pour trouver la dose,
la formulation et la durée adéquates pour traiter les formes
graves d'infection par le virus de l'hépatite E ».
Ces travaux ont fait l'objet d'un dépôt d'une demande de
brevet.
Références :
Case Reports of Ribavirin Treatment for Chronic Hepatitis E
Vincent Mallet, Elisabeth Nicand, Philippe Sultanik, Catherine Chakvetadze,
Sophie Tessé, Eric Thervet, Luc Mouthon, Philippe Sogni and Stanislas
Pol
Institut Cochin, Université Paris Descartes
(Unité Mixte de Recherche S1016), CNRS (Unité Mixte de Recherche
8104), Inserm U.1016, Centre Universitaire des Saints-Pères (Unité
Mixte de Recherche775), Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, Groupe
Hospitalier Cochin Saint-Vincent de Paul, Hôpital Necker Enfants
Malades, and Hôpital d'Instruction des Armées du Val-de-Grâce,
Paris, France.
Annals of Internal Medicine, June 2010
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