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Mai 2010 - Diminuer les effets secondaires liés au traitement de
la maladie de Parkinson
Des chercheurs de Bordeaux associant l'Inserm et le CNRS au sein du laboratoire
"Mouvement, adaptation, cognition" (CNRS / Universités
Bordeaux 1 et 2) viennent de découvrir qu'il est possible de diminuer
les effets secondaires liés au traitement de la maladie de Parkinson.
Dans ce nouveau travail à paraitre dans la revue Science translational
medicine datée du 21 avril 2010, les chercheurs ont restauré
la production d'une protéine qui contrôle le circuit des
récepteurs de la dopamine : la protéine GRK6, améliorant
ainsi les symptômes parkinsoniens. Ces résultats ont été
obtenus chez le rat et le singe dans un modèle expérimental
de la maladie de Parkinson.
La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative
qui affecte le système nerveux central. Elle se traduit par de
forts troubles moteurs dus à un manque de dopamine dans le cerveau.
La thérapie à base de L-dopa comble ce manque et reste le
meilleur traitement connu à ce jour. Toutefois, après quelques
années, les effets secondaires liés au traitement deviennent
très gênants, entrainant des mouvements involontaires (dyskinésies)
et des fluctuations brutales d'activité.
Les travaux des chercheurs de l'Inserm et du CNRS montrent que la sur-expression
d'une seule protéine dans le cerveau (obtenue grâce à
l'injection d'un vecteur thérapeutique), aboutit à la nette
diminution des dyskinésies et des fluctuations. Cela restaure les
effets thérapeutiques de la L-dopa. Ces résultats ont été
obtenus chez le rat et le singe dans un modèle expérimental
de la maladie de Parkinson.
Comment ça marche ?
Une personne normale possède de la dopamine dans le cerveau. Ce
neurotransmetteur sert à déclencher de nombreux signaux
nécessaires au bon fonctionnement de l'organisme et est notamment
impliqué dans les phénomènes de contrôle des
fonctions motrices. Au vu de son importance, sa libération est
très finement régulée. Ce rôle est assuré
par des récepteurs à la dopamine, situés à
la surface des neurones. Par exemple, lorsqu'il y a trop de dopamine ou
qu'elle reste trop longtemps présente dans la synapse, les récepteurs
se désensibilisent, stoppent leur réponse et disparaissent
de la surface des neurones. La phosphorylation des récepteurs à
dopamine par la protéine GRK6 est nécessaire pour que ces
évènements puissent avoir lieu.
Dans des travaux précédents, les chercheurs avaient mis
en évidence que les récepteurs à la dopamine restaient
continuellement à la surface des neurones chez les animaux parkinsoniens
dyskinétiques. En cause notamment, un manque de GRK6 dans le cerveau.
Dans cette nouvelle étude, les scientifiques ont corrigé
ce manque en stimulant l'expression de GRK6, en l'insérant dans
un lentivirus. Ce vecteur thérapeutique, porteur de la protéine
d'intérêt est ensuite chirurgicalement injecté dans
le cerveau au niveau du striatum. L'expression accrue des GRK6 permet
de retirer des récepteurs à la dopamine de la surface des
neurones. Les animaux parkinsoniens dyskinétiques peuvent alors
pleinement bénéficier du traitement à la L-dopa :
leurs symptômes parkinsoniens sont améliorés et ils
ne présentent plus de dyskinésies sévères.
Pour les chercheurs, une chose est claire : « cette avancée
montre que nous nous intéressons à la bonne molécule.
Mais nous sommes conscients que la technique que nous avons utilisée
ne sera pas rapidement accessible en routine chez l'homme. Nous avons
donc d'autres idées pour proposer des solutions adaptées
aux patients parkinsoniens» explique Erwan Bezard. Parmi les stratégies
envisagées, les chercheurs démarrent un programme de recherche
pour passer au crible toutes les petites molécules qui pourraient
mimer l'action de GRK6.
Références :
Lentiviral overexpression of GRK6 alleviates L-DOPA-induced
dyskinesia in experimental Parkinson's disease
Mohamed R. Ahmed1, Amandine Berthet2, Evgeny Bychkov1, Gregory Porras2,
Qin Li3, Bernard H. Bioulac2, Yonatan T. Carl1, Bertrand Bloch2, Seunghyi
Kook1, Incarnation Aubert2, Sandra Dovero2, Evelyne Doudnikoff2, Vsevolod
V. Gurevich1, Eugenia V. Gurevich1#* and Erwan Bezard2,3#*
1 Department of Pharmacology, Vanderbilt University,
Nashville, TN 372322 Université Victor Segalen Bordeaux
2, Centre National de la Recherche Scientifique, Bordeaux Institute of
Neuroscience, UMR 5227, Bordeaux, France;
3 Institute of Lab Animal Sciences, China Academy of Medical Sciences,
Beijing, China
Science translational medicine, 21 April 2010
Contacts :
Presse CNRS
T 01 44 96 51 51
presse@cnrs-dir.fr
Presse Inserm
presse@inserm.fr
Chercheur
Erwan Bezard
T 05 57 57 16 87
erwan.bezard@u-bordeaux2.fr

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