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Mai 2010 - Des feuilles de plantes carnivores émettent des odeurs
de fleurs pour attirer leurs proies
D'une pierre, deux coups ! Il arrive parfois que les résultats
d'une recherche ouvrent des perspectives inattendues. C'est ce que Chang
Xian Zhang, directeur de recherche Inserm, et ses collaborateurs du laboratoire
Génétique moléculaire, signalisation et cancer (CNRS
/ Université Lyon 1 Claude Bernard / Centre Léon Bérard)
dirigé par Marc Billaud, ont pu expérimenter. En effet,
leurs récents travaux sur les tumeurs endocrines pancréatiques
s'avèrent également profitables à la recherche sur
le développement de traitements contre le diabète. Ils sont
publiés dans le journal Gastroenterology de mai 2010
En étudiant l'origine de certaines tumeurs endocrines du
pancréas, les chercheurs ont mis en évidence l'implication
du phénomène de transdifférenciation des cellules
alpha du pancréas en cellules secrétant l'insuline. En plus
d'élucider une partie du mystère relatif à la naissance
de ces tumeurs, ces résultats apportent des informations très
utiles pour l'élaboration de traitements contre le diabète.
Le diabète de type 1 se caractérise par la perte des cellules
beta, produisant l'insuline. Trouver comment restaurer ces cellules et
leur fonction est l'un des principaux objectifs de la recherche sur cette
maladie.
Depuis plus de dix ans, Chang Xian Zhang et ses collaborateurs constituent
une des équipes les plus actives au monde qui cherchent à
comprendre les fonctions du gène Nem1. Ce gène, lorsqu'il
est inactivé, conduit à l'apparition de plusieurs types
de tumeurs endocrines (le syndrome est appelé « Néoplasies
Endocriniennes Multiples de Type 1 »), y compris les tumeurs endocrines
pancréatiques. Ces dernières sont connues pour leur complexité.
Au moins un tiers d'entre elles est composé de cellules qui sécrètent
plusieurs hormones, contrairement aux cellules normales, suggérant
de multiples hypothèses sur leur origine cellulaire. Elucider le
processus de l'apparition et du développement de ces tumeurs est
donc la clé pour mieux les maîtriser, améliorer leur
diagnostic, affiner le pronostic ainsi que le suivi médical, voire
le traitement du cancer du pancréas.
En quoi l'inactivation du gène Nem 1
entraîne la naissance de telles tumeurs ?
A l'aide de modèles murins, l'équipe a inactivé ce
gène dans les cellules alpha pancréatiques qui secrètent
le glucagon. De façon très surprenante, ces souris développent
non seulement des tumeurs de cellules alpha, mais également des
tumeurs de cellules beta sécrétant l'insuline, ainsi que
des tumeurs mixtes secrétant les deux hormones. Grâce à
diverses analyses, les membres de l'équipe ont montré, pour
la première fois, que l'inactivation du gène Nem1 conduit,
dans un premier temps, à la prolifération des cellules alpha,
puis celles-ci deviennent des cellules sécrétant l'insuline.
Il s'agit du phénomène de transdifférenciation, conduisant
ici au développement des tumeurs à la fois des cellules
alpha et beta, ainsi que des tumeurs mixtes. Le gène Nem1 joue
donc un rôle important dans le contrôle de la plasticité
des cellules alpha pancréatiques.
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© Inserm/CX Zhang
Résumé de l'observation de la transdifférenciation
des cellules alpha chez les souris mutantes. Les données
indiquent que l'invalidation du gène Nem1 spécifique
des cellules alpha pancréatiques conduit tout d'abord à
une prolifération accrue de ces cellules. Puis, par des mécanismes
inconnus, ces cellules alpha se transdifférencient en cellules
secrétant l'insuline, aboutissant au développement
des insulinomes. |
Une
découverte bénéfique pour deux pathologies
La compréhension des mécanismes de la transdifférenciation
des cellules alpha pancréatiques en cellules sécrétant
l'insuline pourraient permettre de mieux expliquer l'origine cellulaire
des tumeurs endocrines pancréatiques observées. L'objectif
: affiner le diagnostic et pronostic, et identifier de potentielles cibles
thérapeutiques adéquates.
« En plus de nouvelles pistes pour la recherche contre le cancer,
l'étude des mécanismes responsables de la transdifférenciation
révélée dans cet article, permettrait une meilleure
compréhension de la biologie des cellules endocrines pancréatiques
et la conception de nouvelles stratégies de régénération
des cellules beta pancréatiques, un enjeu majeur dans le traitement
du diabète » conclut Chang Xian Zhang.
Références :
a -cell-specific Men1 ablation triggers
the transdifferentiation of glucagon-expressing cells and insulinoma development
Jieli Lu1, Pedro L Herrera2, Christine Carreira1, Rémy Bonnavion1,
Christelle Seigne1, Alain Calender1, Philippe Bertolino1 and Chang xian
Zhang1
1)UMR5201 CNRS/ Université Claude Bernard
Lyon1, Faculté de Médecine, Centre LEON-BERARD, Lyon, France;
2)Department of Genetic Medicine and Development, Faculty of Medicine,
University of Geneva, Switzerland.
Gastroenterology, mai 2010; 138:1954-1965
Contacts :
chercheur :
Chang Xian Zhang
UMR5201 CNRS/UCBL1 « Génétique moléculaire,
signalisation et cancer », Lyon.
Tél : 04 69 16 66 63 / Email : zhang@lyon.fnclcc.fr
presse Inserm :
Amélie Lorec
Tél : 01 44 23 60 73 / Email : presse@inserm.fr
presse CNRS :
Priscilla DACHER
T +33(0)1 44 96 46 06
priscilla.dacher@cnrs-dir.fr

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