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Avril 2010 - L'ADN et ses complexes
Tout au long de la vie, des mécanismes de réparation de
l'ADN sont mis en œuvre lors d'agression (irradiation UV, etc.) pour
protéger notre patrimoine génétique. Ce rôle
est assuré par le complexe NER. Une équipe de chercheurs
dirigée par Jean-Marc Egly, directeur de recherche Inserm au sein
de l'Institut de génétique et de biologie moléculaire
et cellulaire (CNRS / Inserm / Université de Strasbourg) vient
de démontrer que le rôle de NER va bien au-delà de
la réparation de l'ADN : il assure la régulation de la transcription,
première étape de tous les processus nécessaires
à la vie. Ces travaux sont publiés le 9 avril 2010 dans
la revue Molecular Cell.
Réparer l'ADN endommagé…
Notre organisme développe de nombreuses stratégies
pour protéger et maintenir l'intégrité de son patrimoine
génétique. L'action délétère d'agents
physiques ou chimiques crée des lésions dans l'ADN et perturbe
l'expression des gènes. Si ces lésions ne sont pas prises
en charge par des systèmes de réparation performants elles
seront à l'origine de mutations conduisant à des cancers
et au vieillissement de l'individu. Les travaux menés il y a quelques
années par Jean-Marc Egly, Membre de l'Académie des sciences,
avaient permis de découvrir (au travers de l'identification du
facteur TFIIH) la relation entre le mécanisme de lecture des gènes
et celui de la réparation de l'ADN baptisé NER (Nucléotide
excision repair) garant du maintien de la stabilité génétique
(cf schéma ci dessous).
Grâce à cette découverte, les maladies pour lesquelles
l'altération des mécanismes de réparation de l'ADN
avait été mise en évidence sont dorénavant
mieux connues. C'est le cas de la « maladie des enfants de la lune
» ou Xeroderma pigmentosum, maladie génétique rare,
qui entraîne une hypersensibilité au soleil et un risque
très élevé de cancer de la peau. Des mutations sur
onze des gènes impliqués dans les mécanismes de réparation
ont été associées à cette maladie. Cependant,
leurs défaillances ne permettent pas à elles seules d'expliquer
les symptômes neurologiques et les troubles du développement
présents chez plus d'un tiers des personnes atteintes.
D'où l'hypothèse émise par les chercheurs : les différents
facteurs impliqués dans la réparation de l'ADN possèderaient
d'autres fonctions au-delà du rôle déjà décrit.
…et réguler la transcription
Dans cette nouvelle étude, les chercheurs se sont intéressés
au fonctionnement de NER dans des conditions où l'ADN n'est pas
soumis à des attaques génotoxiques. Dans ce contexte, les
données recueillies par l'équipe de l'IGBMC révèlent
que les différents acteurs du complexe NER régulent la transcription
des gènes en ARN. Chacun de ces acteurs serait impliqué
dans les mécanismes de modification de la chromatine pour rendre
le site de départ de la synthèse de l'ARN propice à
la transcription. En l'absence de ces facteurs, la transcription sera
très peu opérationnelle.
Selon l'endroit précis où se trouve le NER, les fonctions
de réparation ou de transcription seront activées. Pour
Jean Marc Egly, directeur de recherche à l'Inserm « Cette
découverte explique la variété des symptômes
observés au niveau du Xeroderma pigmentosum. Elle représente
également un grand pas dans la compréhension des mécanismes
dits « épigénétiques », qui régulent
l'expression des gènes et font en sorte que ces derniers ne s'expriment
qu'au bon endroit et au bon moment. »
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© Myriem Belkacem -
Inserm
Mécanisme d'action de NER (Nucleotide excision repair). L'ADN
endommagé à la suite d'une attaque par des agents
chimiques ou physiques (irradiation UV, etc.) acquiert une forme
particulière reconnue par le complexe NER. Lorsque ce dernier
se met en marche, il permet d'éliminer et de remplacer le
fragment endommagé d'ADN par un fragment sain. |
Références :
NER factors are recruited to the promoters of activated genes
and help chromatin modifications for efficient transcription in the absence
of exogenous genotoxic attack
Nicolas Le May,1,3 David Mota-Fernandes,1,3 Renier Vélez-Cruz,1
Izarn Iltis,1 Denis Biard,2 and Jean Marc Egly1
1Institut de Génétique et de Biologie Moléculaire
et Cellulaire, CNRS/INSERM/ULP, BP 163, 67404 Illkirch Cedex, C. U. Strasbourg,
France
2INSERM U602/CEA-IRCM, Hôpital Paul Brousse 12-16 Avenue Paul Vaillant
Couturier 94807 Villejuif Cedex, France
3These authors contributed equally to this work
Molecular Cell, April 2010
Contacts :
Chercheur
Jean-Marc Egly
T 03 88 65 34 47 / 32 12
egly@igbmc.fr
Presse CNRS
Priscilla Dacher
T 01 44 96 46 06
priscilla.dacher@cnrs-dir.fr
Presse Inserm
Priscille Rivière
T 01 44 23 60 97
priscille.riviere@inserm.fr

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