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Mars 2010 - Le mystère de la symétrie se dévoile
Certains de nos organes, comme le foie ou le cœur, sont latéralisés.
Notre corps, lui, se développe en respectant une symétrie
axiale, visible au niveau de la colonne vertébrale. Une nouvelle
cascade moléculaire qui intervient dans cette symétrie chez
les vertébrés vient d'être découverte par l'équipe
franco-américaine dirigée par Olivier Pourquié au
Stowers Institute for Medical research, depuis peu installée à
l'Institut de génétique et de biologie moléculaire
et cellulaire (CNRS / Inserm / Université de Strasbourg). Ces travaux
sont publiés aujourd'hui dans la revue Nature.
La symétrie vertébrale apparaît tôt
au cours du développement embryonnaire, au moment de la formation
des somites, structures de forme cubique dont sont notamment dérivées
les vertèbres et les muscles. Sous l'influence d'une horloge interne,
des paires de somites se développent périodiquement à
partir des couches cellulaires internes de l'embryon. L'acide rétinoïque,
un dérivé de la vitamine A, semble jouer un rôle important
dans le contrôle de la symétrie des somites. On sait par
ailleurs que les souris déficientes en acide rétinoïque
voient leur somitogenèse se désynchroniser.
Dans une étude conduite sur des embryons de souris, les chercheurs
se sont intéressés à la protéine Rere, aussi
appelée atrophine 2. Ils ont démontré que cette molécule
participe à l'activation de la voie de signalisation de l'acide
rétinoïque, en formant un complexe avec deux autres protéines
(Nr2f2 et p300) et un récepteur de l'acide rétinoïque.
Les souris mutantes pour le gène Rere présentent le même
retard de formation des somites que les souris déficientes en acide
rétinoïque.
Leurs travaux montrent également que les protéines Nr2f2
et Rere contrôlent l'asymétrie de la voie de signalisation
de l'acide rétinoïque. Cette asymétrie est nécessaire
pour corriger les interférences avec les signaux déterminant
la latéralisation des organes. Cette étude permet ainsi
de mieux comprendre comment la symétrie générale
du corps peut se concilier avec la latéralisation de certains organes.
Chez l'homme, des anomalies du développement symétrique
des somites pourraient être responsables de troubles de la statique
vertébrale, comme les scolioses. Une défaillance des fonctions
de régulation exercées par Rere ou Nr2f2 sur la voie de
signalisation de l'acide rétinoïque pourrait être impliquée
dans la survenue de ces pathologies fréquentes et, parfois, graves.
Références :
“Rere controls retinoic acid signalling and somite bilateral
symmetry”. Gonçalo C. Vilhais-Neto, Mitsuji Mareuhashi, Karen
T. Smith, Mireille Vasseur-Cognet, Andrew S.Peterson, Jerry L. Workman,
O. Pourquié
Nature, Février 2010
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Olivier Pourquié
T 03 88 65 32 16
Olivier.Pourquie@igbmc.fr
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