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Janvier 2012 - Diversité génétique
: un facteur crucial pour notre survie et notre pharmacopée
Grâce au séquençage de la totalité des 27 gènes
d'interférons connus, des chercheurs de l'Institut Pasteur et du
CNRS nous livrent l'histoire génétique de ces protéines
immunitaires cruciales, ainsi que des pistes pour éventuellement
améliorer leurs applications cliniques pour le traitement de plusieurs
pathologies, dont l'hépatite C, la sclérose en plaques et
certains cancers. Ces résultats sont publiés le 19 décembre
2011 dans Journal of Experimental Medicine.
Les interférons sont de petites protéines qui
assurent la communication entre les cellules du système immunitaire,
contribuant ainsi à la stimulation de nos défenses naturelles.
Il en existe trois types qui diffèrent par leurs fonctions, mais
également par leur variabilité génétique.
L'équipe de Lluis Quintana-Murci, chef de l'unité mixte
Institut Pasteur/CNRS de Génétique évolutive humaine,
s'est penchée sur ce dernier point et a analysé la diversité
génétique de chaque interféron dans différentes
populations humaines.« Nous avons pu identifier, à travers
une approche de génétique des populations, les interférons
qui seraient essentiels à notre survie et les distinguer de ceux
qui joueraient un rôle secondaire, voire redondant, » explique
M. Quintana-Murci. « Nous pensons que les interférons très
contraints génétiquement ont un rôle plus spécifique
et important dans la lutte contre les organismes pathogènes, et
qu'ils sont donc potentiellement de meilleures cibles pour développer
des traitements efficaces et innovants. »La diversité génétique
des différents membres de la famille des interférons de
type 1 (interférons alpha/beta), par exemple, est assez hétérogène.
Cela laisse supposer que cette famille a une grande faculté d'adaptation
en cas d'exposition à de nouveaux pathogènes, mais aussi
que certains interférons de type 1 ont des actions plus spécifiques
que d'autres.Au contraire, l'unique interféron de type 2 (interféron
gamma) ne présente aucune mutation d'un individu à l'autre.
Cette grande stabilité indique que son action est extrêmement
spécifique et irremplaçable, en l'occurrence dans la réponse
immunitaire antimycobactérienne.
La famille des interférons de type 3 (interférons lambda),
quant à elle, présente des particularités selon l'origine
géographique de l'individu : les analyses ont montré que
les populations d'origines européenne et asiatique possèdent
certaines mutations qui leur ont conféré des avantages pour
mieux s'adapter, probablement aux pressions de sélection exercées
par les virus.
Ces résultats semblent donc plaider pour une utilisation médicale
des interférons plus fine et ciblée. L'interféron
alpha2, par exemple, est utilisé dans le traitement de l'hépatite
C chronique ou de certains cancers. Or il pourrait être pertinent
d'identifier, parmi les multiples IFN de type I, un sous-type dont l'action
plus ciblée permettrait éventuellement d'éviter certains
effets secondaires.
De telles conclusions nécessiteront de nombreuses expérimentations
avant d'être peut-être confirmées, et mises en application.
Elles ouvrent toutefois de nouvelles perspectives pour renforcer l'arsenal
thérapeutique contre de nombreuses maladies.
Notes :
Cette étude a été financée grâce
au concours de l'Agence nationale de la recherche (ANR), de la Fondation
pour la recherche médicale en France RM), de l'Institut Pasteur
et du centre national de la recherche scientifique (CNRS).
Références :
Evolutionary genetic dissection of human interferons, Journal
of Experimental Medicine, en ligne le 12 décembre 2011
Jérémy Manry,(1,2) Guillaume Laval,(1,2) Etienne Patin,(1,2)
Simona Fornarino,(1,2) Yuval Itan,(3) Matteo Fumagalli,(4) Manuela Sironi,(4)
Magali Tichit,(5) Christiane Bouchier,(5) Jean-Laurent Casanova,(3) Luis
B.Barreiro,(6) and Lluis Quintana-Murci,(1,2)
(1)Institut Pasteur, Unit of Human Evolutionary
Genetics, Department of Genomes and Genetics, F- 75015 Paris, France
(2)Centre National de la Recherche Scientifi que, URA3012, F-75015 Paris,
France
(3)St. Giles Laboratory of Human Genetics of Infectious Diseases, Rockefeller
Branch, The Rockefeller University, New York, NY 10065
(4)Scientific Institute IRCCS E. Medea, 23842 Bosisio Parini, Italy
(5)Institut Pasteur, Plate-forme Génomique, Pasteur Genopole, Paris,
France
(6)Department of Pediatrics, University of Montréal, Montréal,
Canada
Contacts :
Service de presse de l'Institut Pasteur
presse@pasteur.fr
Nadine Peyrolo - Tél. 01 45 68 81 47
Isabelle Kling - Tél. 01 45 68 89 28
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