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Juillet 2010 - Consortium sur l'autisme
: Découverte de nouveaux gènes
Cent soixante-dix-sept scientifiques, issus de plus de 60 institutions
de 11 pays différents, présentent les résultats de
la phase 2 du consortium international de recherche génétique
sur l'autisme, Autism Genome Project. Ce groupe de chercheurs, parmi lesquels
des scientifiques français, a découvert des mutations génétiques
et de nouveaux gènes impliqués dans l'autisme. Ces travaux
sont publiés dans la revue Nature du 10 juin 2010.
Le groupe de chercheurs internationaux a analysé le génome
entier de 1000 personnes présentant des troubles liés à
l’autisme et 1300 individus témoins à l'aide des micropuces
ADN à haute résolution. Les scientifiques ont ainsi pu mettre
en évidence des insertions et des suppressions de séquences
génétiques, invisibles au microscope. Ces remaniements,
appelés « variations du nombre de copies » ont permis
d’identifier de nouveaux gènes impliqués dans l’autisme,
notamment SHANK2, SYNGAP1, DLGAP2 et PTCHD1. Certains d’entre eux
agissent au niveau des contacts entre les neurones (les synapses), tandis
que d’autres sont impliqués dans la prolifération
cellulaire ou encore la transmission de signaux intracellulaires. L’identification
de ces voies biologiques offre de nouvelles pistes de recherche, ainsi
que des cibles potentielles pour le développement de traitements
originaux.
La nouvelle étude de l’Autism Genome Project a également
démontré que les sujets atteints d'autisme tendent à
avoir plus de « variations du nombre de copies » rares (détectées
dans moins d’un pour cent de la population) touchant des gènes
que les individus témoins. Certaines de ces mutations sont héritées,
d’autres sont considérées comme « de novo »
car elles apparaissent chez les patients et sont absentes chez leurs parents.
Les chercheurs ont remarqué que chez les personnes autistes, un
grand nombre de ces mutations tendent à perturber des gènes
déjà associés à l’autisme ou aux déficiences
intellectuelles.
Ces découvertes viennent appuyer un consensus émergent au
sein de la communauté scientifique, selon lequel l’autisme
serait provoqué en partie par de nombreuses « variations
rares » ou des modifications génétiques détectées
chez quelques sujets atteints. Les gènes identifiés par
cette étude confortent aussi la voie synaptique identifiée
par l’équipe de Thomas Bourgeron (Institut Pasteur, Université
Denis Diderot) et Marion Leboyer (AP-HP, Inserm, Université de
Paris-Est-Créteil, Fondation FondaMental). Alors que chacun de
ces changements n'est observé que dans une petite partie des cas,
l’ensemble de ces variations commence à représenter
un pourcentage important de personnes atteintes d’autisme. «
L’observation de gènes communs impliqués dans la prédisposition
à l’autisme et dans des déficiences intellectuelles
soutient l’hypothèse que différents troubles psychiatriques
liés au développement du système nerveux partagent
certains facteurs de risque génétique. » précise
Catalina Betancur, chargée de recherche à l’Inserm
dans l’unité 952 « Physiopathologie des maladies du
système nerveux central » (Inserm/CNRS/UPMC), et dernière
auteure de la publication parue dans la revue Nature.
Autism Genome Project
Démarré en 2002, l’Autism Genome Project rassemble
177 scientifiques, issus de plus de 60 institutions de 11 pays différents,
qui ont formé le plus grand consortium sur la génétique
de l’autisme. Ce projet est né de la volonté des chercheurs
du monde entier de se regrouper pour partager leurs échantillons,
leurs données et leur expertise afin de faciliter l’identification
des gènes impliqués dans l’autisme. Cette collaboration,
avec un vaste ensemble d’échantillons et une expertise multidisciplinaire,
a créé des opportunités qui n’existeraient
pas autrement. Aujourd’hui, les chercheurs étudient plus
en profondeur les variations rares, ce qui nécessite de plus grands
ensembles d’échantillons afin d’identifier davantage
de mutations génétiques. La première phase de l’Autism
Genome Project, achevée en 2007, avait permis de rassembler la
plus grande collection d’ADN sur l’autisme et de mettre en
évidence l'importance des « variations du nombre de copies
» dans cette pathologie. Ce projet est majoritairement financé
par Autism Speaks, une organisation américaine qui soutient la
recherche sur l'autisme.
Les équipes françaises
La partie française de cette étude a été pilotée
par Catalina Betancur, qui dirige le groupe de recherche sur la Génétique
de l'Autisme au sein du Laboratoire de Physiopathologie des maladies du
système nerveux central (Inserm, CNRS, UPMC) à Jussieu.
Ce travail est le fruit d’une collaboration datant de plus de 10
ans entre l’Institut Pasteur, l’AP-HP et l’Inserm pour
chercher à identifier les facteurs de vulnérabilité
génétique rencontrées chez les personnes atteintes
d’autisme. Ce projet bénéficie, entre autre, d’une
promotion Inserm (Pôle Recherche Clinique, Institut Santé
Publique, C07-33). Ce consortium a permis dès 2003 l’identification
des toutes premières mutations des gènes impliqués
dans la mis en place des synapses dans l’autisme. Les travaux de
ce consortium ont été renforcés depuis 2007 par le
soutien de la fondation FondaMental, fondation de coopération scientifique
crée par le Ministère de la Recherche pour accélérer
la recherche en psychiatrie.
A propos de l’autisme
L’autisme est un trouble neurobiologique complexe qui affecte la
capacité d’une personne à communiquer et à
établir des relations sociales. Il s’accompagne fréquemment
de comportements répétitifs et d'intérêts restreints.
Les troubles autistiques sont diagnostiqués chez un enfant sur
110 et touchent quatre fois plus de garçons que de filles. Les
troubles du développement débutent en général
avant l'âge de trois ans. Dans certains cas, l'autisme est associé
à des maladies génétiques comme le syndrome de l'X
fragile ou à des anomalies chromosomiques. Cependant, dans la majorité
des cas, l'étiologie génétique précise demeure
inconnue. Il n'y a pas de traitement curatif de l'autisme mais la prise
en charge éducative précoce améliore le pronostic.
Source
Functional impact of global rare copy number variation in autism
spectrum disorders, Autism Genome Project consortium, Nature, 10 juin
2010.
Contact presse
Service de presse de l’Institut Pasteur
Nadine Peyrolo ou Marion Doucet - 01 45 68 89 28 - presse@pasteur.fr

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