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Janvier 2010 - Vie
et mort des neurones : comment un virus peut tout contrôler
Des chercheurs de l'Institut Pasteur et du CNRS viennent de découvrir
que le virus de la rage exprime dans l'une de ses protéines une
région clé qui lui permet de maintenir en vie les neurones
humains qu'il infecte, condition sine qua non à sa propagation
dans l'organisme. En identifiant les mécanismes qui modulent la
survie ou la mort des neurones, ces recherches pourraient ouvrir la voie
à des perspectives thérapeutiques, potentiellement applicables
au traitement de maladies neurodégénératives ou d'autres
pathologies.
Des chercheurs de l’Institut Pasteur et du CNRS, au sein
de l’unité de Neuroimmunologie virale, dirigée par
Monique Lafon, et de l’unité de Résonance magnétique
nucléaire, dirigée par Muriel Delepierre, viennent d’identifier
dans la protéine d’enveloppe du virus de la rage, appelée
protéine G, une région clé capable d’induire
soit la survie soit la mort des neurones humains infectés. Les
scientifiques ont montré que cette région clé formée
par les tout derniers acides aminés de la protéine constituait
un site d’interaction essentiel à ces fonctions. Cette région
s’est révélée en effet contrôler l’affinité
de la protéine G et la nature les protéines du neurone avec
laquelle la protéine virale interagit.
Pour assurer son cycle infectieux dans le système nerveux de l’hôte,
le virus de la rage doit maintenir en vie les neurones qu’il infecte.
Les souches virales atténuées, comme celles qui ont permis
l’éradication par la vaccination de la rage sauvage en France,
en sont incapables, et sont donc ainsi rendues non virulentes. Pour déterminer
la région clé de la protéine G nécessaire
au virus pour maintenir ses cellules-cibles en vie, les scientifiques
ont utilisé des virus chimériques recombinés, exprimant
des protéines G hybrides issues de souches virales virulente et
atténuée. Ils ont ainsi montré qu’une seule
mutation de cette région suffisait à modifier la nature
des partenaires cellulaires et à induire la mort des neurones infectés,
faisant ainsi perdre au virus rabique sa pathogénicité.
Les chercheurs s’attachent à présent à comprendre
les mécanismes de signalisation moléculaire impliqués
et à identifier des molécules de synthèse -peptides
issus de la protéine G, ou des molécules les mimant- à
visée thérapeutique. Il serait en effet envisageable d’utiliser
ce morceau-clé de protéine G, ou d’une molécule
de synthèse dérivée le mimant, pour induire la survie
ou la régénération neuronale, ou au contraire pour
tuer des cellules tumorales, qui se multiplient de manière anarchique.
Ces travaux, aujourd’hui encore très fondamentaux, pourraient
alors ouvrir le champ à des perspectives thérapeutiques,
notamment dans le domaine du traitement des maladies neurodégénératives
et de la cancérologie.
Ce travail a reçu le soutien financier de l’Agence nationale
de la recherche
Pour en savoir plus
* Lire
notre fiche de documentation sur le virus de la rage
Source
Attenuation of Rabies Virulence: Takeover by the Cytoplasmic
Domain of its Envelope Protein, Science Signaling, online le 19 janvier
2009.
Christophe Préhaud (1,2,3,&), Nicolas Wolff (1,4,5), Elouan
Terrien (1,4,5), Mireille Lafage (1,2,3), Françoise Mégret
(1,2,3), Nicolas Babault (1,4,5), Florence Cordier (1,4,5), Gene S. Tan
(6), Elodie Maitrepierre (1,4,5), Pauline Ménager (1,2,3), Damien
Chopy (1,2,3), Sylviane Hoos (1,7,5), Patrick England (1,7,5), Muriel
Delepierre (1,4,5), Matthias J. Schnell (6), Henri Buc (1), and Monique
Lafon (1,2,3).
(1) Institut Pasteur Paris France
(2) Unité de Neuroimmunologie Virale
(3) CNRS URA 3015
(4) Unité de Résonance Magnétique Nucléaire
des Biomolécules
(5) CNRS URA 2185
(6) Departments of Microbiology and Immunology, and Jefferson Vaccine
Centre, Thomas Jefferson University, Philadelphia, PA, USA
(7) Plateforme de Biophysique des Macromolécules et de leurs Interactions
(&) 6 month leave at Thomas Jefferson University
Contact presse
Service de presse de l’Institut Pasteur
Nadine Peyrolo ou Marion Doucet
01 45 68 89 28
presse@pasteur.fr

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