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Mars 2010 - Vers un nouveau traitement
pour l’asthme ?
L’asthme et ses symptômes sont liés à
une réaction excessive du système immunitaire, habituellement
en charge de la défense de l’organisme. L’équipe
de Lucette Pelletier et Jean-Charles Guéry, unité Inserm/UPS
563 "Centre de physiopathologie Toulouse Purpan", vient, en
comprenant mieux la raison de ce dérèglement, de cerner
un mécanisme pouvant faire l’objet d’une application
thérapeutique. Ces travaux sont publiés en ligne dans le
American Jounal of Respiratory and Critical care Medicine.
Les allergies, qu’elles soient cutanées, alimentaires
ou respiratoires sont provoquées par une réponse excessive,
un véritable "emballement"du système immunitaire.
Les lymphocytes T sont les acteurs clefs et les véritables chefs
d’orchestre de cette réaction, ici exagérée.
Le calcium, élément essentiel à l’activation
de ces cellules est capté par l’intermédiaire de "canaux
calciques", implantés dans la paroi des lymphocytes. En conséquence,
trouver des inhibiteurs de ces canaux calciques, permettrait, en les régulant,
de contrôler l’ensemble de la réaction immunitaire
dans des maladies où ils sont anormalement suractivées (maladies
auto-immunes comme la sclérose en plaques, allergies…).
Dans le cas de l’asthme, c’est une certaine catégorie
de lymphocytes T, les "Th2", normalement chargés de coordonner
la réponse contre les parasites, qui est impliquée. L’équipe
de Lucette Pelletier et Jean-Charles.Guéry a identifié un
type de canaux calciques présent seulement dans ces Th2 et dont
l'activation est nécessaire aux fonctions de ces derniers. Les
scientifiques se sont alors attachés à trouver une solution
permettant de neutraliser de manière sélective ces canaux,
afin de pouvoir traiter spécifiquement des maladies allergiques
sans modifier le fonctionnement de l’ensemble du système
immunitaire. Dans cette optique, ils ont introduit in vitro, dans des
Th2, un brin d’ADN s'hybridant spécifiquement à l'ARNm
(molécule intermédiaire entre l’ADN et les protéines)
codant pour ces canaux calciques. Cette séquence d'ADN courte,
appelée "anti-sens" s'est avérée capable
de diminuer de façon importante la quantité de canaux présentsdans
les Th2, entraînant alors l'incapacité de ces cellules à
s'activer. De façon remarquable, le même ADN anti-sens administré
in vivo par voie intranasale s’avère également très
efficace chez la souris asthmatique.
Pour les chercheurs, la prochaine étape consiste à appliquer
cette thérapie chez l’homme. Pour cela, ils devront dans
un premier temps montrer que les Th2 humains expriment ces canaux calciques
particuliers. Par la suite, ils adapteront la stratégie utilisée
chez la souris pour déterminer des séquences anti-sens capables
d'inhiber la fonction des lymphocytes Th2 humains. Cette application thérapeutique
pourrait finalement être envisagée non seulement dans l’asthme
mais encore dans d'autres pathologies de type allergique.
Source
Knocking-down Cav1 Calcium Channels Implicated in Th2-cell Activation
Prevents
Experimental Asthma
Accès
à l'article original dans American Journal of Respiratory and Critical
Care Medecine – 18 février 2010
Contact chercheur
Lucette Pelletier
- Directrice de recherche
Unité Inserm 563 "Centre de physiopathologie Toulouse Purpan"
Université Paul Sabatier, Toulouse 3
05.62.74.83.78
Contacts presse
Amélie Lorec (01.44.23.60.73)
Chargée des relations presse Inserm

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