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Janvier 2012 - Le déclin cognitif apparait dès 45 ans
Il est clairement établi qu’il existe une association
inverse entre l'âge et les performances cognitives, mais l'âge
auquel le déclin cognitif commence est controversé. Jusqu’à
présent, il était généralement admis qu’il
n’y avait pas de déclin avant 60 ans. Dans une étude
publiée dans le British Medical Journal, une équipe de recherche
de l’Inserm dirigée par Archana Singh-Manoux, montre que
notre mémoire, notre capacité à raisonner et à
comprendre commencent à décliner dès l’âge
de 45 ans. Cette étude issue de la cohorte Whitehall II a été
menée sur plus de 7000 personnes pendant 10 ans.
L’augmentation de l'espérance de vie implique des changements
fondamentaux dans la composition des populations avec une augmentation
importante du nombre de personnes âgées. Ces changements
auront probablement une influence profonde sur la vie des individus et
la société en général. Il est clairement établi
qu’il existe une association inverse entre l'âge et les performances
cognitives, mais l'âge auquel le déclin cognitif commence
est controversé. Des études récentes avaient conclu
qu'il y avait peu d'arguments en faveur du déclin cognitif avant
l'âge de 60 ans.
Toutefois, des études cliniques montrent une corrélation
entre la présence de plaques amyloïdes dans le cerveau et
la sévérité du déclin cognitif. Or, ces plaques
amyloïdes semblent exister dans le cerveau de jeunes adultes.
L'évaluation de l'effet de l'âge sur le déclin cognitif
grâce à des données recouvrant plusieurs années
sont rares. C’est précisément l’objet de l’étude
menée par les chercheurs de l’Inserm et d’University
College London.
Dans le cadre de l'étude de cohorte Whitehall II, les données
médicales de 5 198 hommes et 2 192 femmes âgés de
45 à 70 ans au début de l'étude et suivis pendant
10 ans ont été extraites. Les fonctions cognitives des participants
ont été évaluées 3 fois au cours de ces 10
années. Des tests individuels ont permis d’évaluer
la mémoire, le vocabulaire, le raisonnement et la fluence verbale.
Les résultats montrent que les performances cognitives (sauf pour
les tests de vocabulaire) déclinent avec l’âge et ce
d’autant plus rapidement que les gens sont âgés. Le
déclin est significatif dans chaque tranche d'âge.
Par exemple, au cours de la période de l’étude, le
déclin des scores du raisonnement était de 3,6 % pour les
hommes âgés de 45 et 49 ans et de 9,6 % chez ceux âgés
de 65 à 70 ans. Les chiffres correspondants pour les femmes étaient
respectivement de 3,6 % et 7,4 %.
Les auteurs soulignent que la preuve de ce déclin cognitif avant
l'âge de 60 ans a des conséquences importantes.
« Déterminer l'âge auquel le déclin cognitif
commence est important parce que des interventions comportementales ou
pharmacologiques conçues pour changer les trajectoires de vieillissement
cognitifs sont probablement plus efficaces s'ils elles sont appliquées
dès le début du déclin. » souligne Archana
Singh-Manoux.
« Alors que l’espérance de vie continue à
augmenter, comprendre le déclin cognitif lié à l’âge
est l’un des défis du 21e siècle » ajoute-t-elle.
Source
"Timing of onset of cognitive decline: results from Whitehall
II prospective cohort study"
Archana Singh-Manoux research director 1,2,3, Mika Kivimaki professor
of social epidemiology 2, M Maria Glymour assistant professor 4, Alexis
Elbaz research director 5,6, Claudine Berr research director 7,8, Klaus
P Ebmeier professor of old age psychiatry 9, Jane E Ferrie senior research
fellow 10, Aline Dugravot statistician 1
(1) Institut National de la Santé et de
la Recherche Médicale (Inserm U1018), Centre for Research in Epidemiology
and Population Health, Hôpital Paul Brousse, 94807 Villejuif Cedex,
France;
(2) Department of Epidemiology and Public Health, University College London,
London, UK;
(3) Centre de Gérontologie, Hôpital Ste Périne, AP-HP,
France;
(4) Department of Society, Human Development, and Health, Harvard School
of Public Health, Boston, MA, USA;
(5) Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale
(Inserm U708), F-75013, Paris, France;
(6) UPMC Univ Paris 06, UMR_S 708, F-75005, Paris;
(7) Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale
(Inserm U1061) Université Montpellier 1, Montpellier, France;
(8) CMRR Languedoc-Roussillon, CHU Montpellier;
(9) Oxford University Department of Psychiatry, Warneford Hospital, Oxford,
UK;
(10) University of Bristol, Bristol, UK
BMJ, janvier 2012
Contact chercheur
Archana Singh
Manoux
Unité Inserm 1018 "Centre de recherche en épidémiologie
et santé des populations"
Hôpital Paul Brousse, Bâtiment 15/16
16 avenue Paul Vaillant Couturier
94807 Villejuif cedex, France
Tél. : 01 77 74 74 10
Contact presse
presse@inserm.fr

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