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Janvier 2012 - L’autophagie cellulaire : une clé du succès
des chimiothérapies via une réponse immunitaire spécifique
Contrairement aux idées reçues, la chimiothérapie
ne détruit pas à elle seule une tumeur. En plus de ces effets
directs, appelés cytotoxiques, sur les cellules cancéreuses,
elle permet de mobiliser le système immunitaire du patient contre
sa tumeur. Guido Kroemer, professeur universitaire et praticien hospitalier
à l’Université Paris Descartes – HEGP (AP-HP),
et son équipe « Apoptose, cancer et immunité »
(Institut de cancérologie Gustave Roussy, Inserm, Université
Paris-Sud, Centre de Recherche des Cordeliers) ont démontré
qu‘une mort cellulaire immunogènique est à l’origine
de ce processus. Ainsi, la mort des cellules cancéreuses provoquée
par la chimiothérapie stimule une réponse immunitaire spécifique
contre les cellules tumorales résiduelles, et c’est cette
réponse qui est responsable des effets à long terme du traitement
anticancéreux.
D’une certaine manière, certains agents chimiothérapeutiques
convertissent les cellules tumorales en vaccin thérapeutique grâce
à l’induction de la mort cellulaire immunogénique.
Pour être immunogénique, la mort des cellules cancéreuses
doit être précédée par l’autophagie,
une dégradation partielle des cellules suite à des stress
externes, notamment provoqués par les traitements anticancéreux.
Les cellules tumorales mourantes libèrent des messages d’alerte,
dont de l’ATP (molécules de stockage d’énergie),
recrutant ainsi les cellules immunitaires et permettant une réponse
ciblée contre les cellules cancéreuses encore présentes.
En effet l’ATP extracellulaire est responsable de l’attraction
des cellules dendritiques, les sentinelles du système immunitaire,
au sein de la tumeur. Celles-ci alertent et activent les lymphocytes T,
qui sont alors capables de s’attaquer spécifiquement aux
cellules tumorales restantes. Cette découverte ouvre un nouveau
champ de recherche sur le lien entre chimiothérapie et la réponse
immunitaire spécifique anti-tumorale. « Nos résultats
montrent que l’autophagie des cellules tumorales est essentielle
pour alerter le système immunitaire du patient », explique
Guido Kroemer.
Il faut savoir que l’autophagie est souvent supprimée dans
les cellules tumorales, ce qui inhibe la libération d’ATP
par les cellules tumorales mourantes et réduit donc l’efficacité
thérapeutique au niveau immunitaire. Les scientifiques ont trouvé
une stratégie pour augmenter la réponse thérapeutique
dans ces cas. En inhibant l’enzyme qui dégrade l’ATP
extracellulaire, ils ont provoqué l’augmentation de la concentration
de ces molécules énergétiques au sein de la tumeur.
Ils ont également observé un rétablissement du recrutement
des cellules immunitaires et une amélioration des effets de la
chimiothérapie suite au rétablissement de concentrations
élevées d’ATP extracellulaire. Cela pourrait être
une piste de traitement supplémentaire pour les patients dont le
cancer ne présente peu ou pas d’autophagie. Il reste donc
à évaluer de tels traitements hautement expérimentaux
et efficaces - chez la souris – dans des essais cliniques chez l’homme.
Publication
G. Autophagy-dependent anticancer immune responses induced
by chemotherapeutic agents in mice.
Michaud M, Martin I, Sukkuwala A, Adjemian S, Ma Y, Pellegati
P, Shen S, Kepp O, Scoazec M, Mignot G, Rello-Varona S, Tailler M, Menger
L, Vacchelli E, Galluzzi L, Ghiringhelli F, Galluzzi L, di Virgilio F,
Zitvogel L, Kroemer G.
Science. 2011 Dec16;334:1573-1577
Guido Kroemer, M.D., Ph.D. PU-PH
Affiliations
(1) INSERM, U848, Villejuif, France
(2) Université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité, Paris,
France
(3) Metabolomics Platform, Institut Gustave Roussy, Villejuif, France
(4) Pôle de Biologie, Hôpital Européen Georges Pompidou,
AP-HP, Paris, France
(5) Centre de Recherche des Cordeliers, Paris, France
Contact presse
Université Paris Descartes
Alice Tschudy &
Pierre-Yves Clausse
Tél. : 01 76 53 18 63 / 17 98

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