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Janvier 2010 - Les nerfs à fleur
de peau
Les neurones responsables de la perception du toucher viennent
d’être identifiés, au cours du développement
embryonnaire, chez la souris. On parle de neurones somatosensoriels. Cette
identification améliore la compréhension des mécanismes
de formation des neurones sensoriels sensibles aux déformations
mécaniques, les mécanorécepteurs.
Ces résultats de l’équipe Inserm "Neurobiologie
moléculaire et cellulaire du système somatosensoriel"
(Unité Inserm 583, Institut des Neurosciences de Montpellier) sont
publiés dans la revue Neuron.
Ces dernières années, nombre de découvertes
ont levé le voile sur les neurones somatosensoriels impliqués
dans la détection des sensations de type chaleur, douleur et position
du corps dans l’espace. En revanche, les propriétés
des neurones responsables de la sensation de toucher restaient encore
énigmatiques, faute de marqueurs moléculaires permettant
de les identifier.
De récents travaux, conduits sous la direction de Patrick Carroll
(équipe de Jean Valmier), ont permis de caractériser, au
cours du développement embryonnaire, plusieurs gènes impliqués
dans la différenciation neuronale en jeu.
Une analyse détaillée d’un petit groupe de neurones
a montré qu’ils innervent spécifiquement des structures
spécialisées de la peau - telles que les cellules de Merkel
ou les follicules pileux - impliquées dans la perception du toucher.
Par ailleurs ces mêmes neurones se connectent à des régions
de la moelle épinière déjà connues pour intégrer
les informations liées au toucher. Ils ont aussi la particularité
d’exprimer très tôt le gène MafA ainsi que le
récepteur à tyrosine-kinase Ret et son co-récepteur
Gfra2.
Afin d’identifier la voie de signalisation impliquée dans
le développement harmonieux de ces neurones, les chercheurs ont
utilisé des souris mutantes chez lesquelles ces différents
gènes ont été invalidés. Leur manipulation
a révélé l’implication de la voie de signalisation
Ret. MafA semble pour sa part jouer un rôle plus tardif dans la
différenciation terminale d’au moins une partie d’entre
eux.
Cette découverte ouvre plusieurs pistes de recherche. Il devient
par exemple possible d’étudier les mécanismes moléculaires
de la transduction des stimulations mécaniques pour l’instant
inconnus, et d’identifier les circuits responsables de l'intégration
de la mécanoception au niveau du système nerveux central.
Patrick Carroll précise aussi que "cette avancée
fondamentale devrait également permettre de mieux appréhender
la physiopathologie de certaines maladies du système somatosensoriel
comme les douleurs neuropathiques, les ataxies sensitivo-motrices et les
défauts de régénération du nerf périphérique
et ainsi générer de nouvelles stratégies thérapeutiques".
La biologie du toucher : Les corps cellulaires des neurones somatosensoriels
sont localisés dans les ganglions rachidiens dorsaux situés
de part et d’autre de la moelle épinière. Ils émettent
des projections vers la périphérie où ils relaient
diverses sensations telles que la douleur (nociception), la température
(thermoception), le toucher (mécanoception) ou la position de notre
corps dans l’espace (proprioception). Ils projettent également
vers le système nerveux central où ces informations sont
intégrées de façon à déclencher une
réponse adaptée de la part de l’organisme.
Cette grande diversité de neurones sensoriels innervant des structures
spécifiques dans la peau ou les muscles explique la richesse de
nos perceptions somatosensorielles.
Source
Low-threshold mechanoreceptor subtypes selectively express MafA
and are specified by Ret signaling
Accès
à l'article original sur Neuron, Volume 64, Issue 6, 857-870, 24
December 2009
Contact chercheur
Patrick Carroll
(tél. : 04 99 63 60 41)
Unité Inserm 583 - "Neurobiologie cellulaire et moléculaire
du système somatosensoriel"
Contact presse
Axelle de Franssu (tél.
: 01 44 23 60 98)

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