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Janvier 2010 - Astrocytes : leur rôle
capital dans l’hippocampe
Une collaboration franco-anglaise a permis d’apporter de
nouveaux résultats sur le rôle des cellules gliales dans
la communication cérébrale. Stéphane Oliet, directeur
d’une équipe de recherche de l’unité Inserm
862 "Physiopathologie de la plasticité neuronale" à
Bordeaux, et ses collaborateurs confirment le rôle de 3ème
élément des astrocytes dans la transmission neuronale sur
l’hippocampe. Ces travaux paraissent en ligne dans la revue Nature
datée du 14 janvier 2010.
Le concept de "synapse tripartie" avait déjà
été le sujet de précédents travaux publiés
dans Cell en mai 2006. Dans un schéma classique, une synapse est
toujours représentée avec l’élément
présynaptique, d’où provient l’information,
et l’élément postsynaptique, qui reçoit cette
information. Dorénavant, un 3e élément est à
considérer, la cellule gliale, qui détecte et intègre
le signal synaptique et peut y répondre en libérant des
substances actives appelées des "gliotransmetteurs" comme
la D-sérine. Les chercheurs avaient établi une relation
anatomique étroite entre cellules gliales et neurones qui conditionne
le bon fonctionnement de récepteurs indispensables à la
transmission de l’information cérébrale : les récepteurs
du glutamate de type NMDA (pour N-méthyl-D-aspartate). Des cellules
gliales, astrocytes, libérant la D-sérine influencent à
la hausse le nombre de récepteurs NMDA activables, et par conséquent
favorisent la transmission synaptique courante mais aussi la plasticité
synaptique à long terme (potentialisation à long terme,
LTP), considérée comme la base cellulaire des phénomènes
mnésiques.
Aujourd’hui, le travail de Stéphane Oliet et ses collaborateurs
a été fait sur l'hippocampe, une région directement
impliquée dans la mémoire et l'apprentissage. Les scientifiques
ont découvert que les territoires astrocytaires sont indépendants
les uns des autres au niveau fonctionnel et qu'un seul astrocyte contrôle
la plasticité de toutes les synapses présentes dans son
arborisation sans vraiment influencer celles du territoire astrocytaire
voisin.
Comme dans l'hypothalamus, une région plutôt impliquée
dans les fonctions de survie et de reproduction, les chercheurs révèlent
également que, dans l’hippocampe, la glie est nécessaire
au bon fonctionnement des récepteurs NMDA et à la LTP. Il
y a donc un possible lien direct entre la glie et des processus cognitifs
comme la mémoire et l'apprentissage.
Au niveau mécanistique, les scientifiques vont au-delà des
résultats de 2006 en démontrant que la libération
du co-agoniste des récepteurs NMDA, probablement la D-sérine,
dépend du calcium et qu'elle est vraisemblablement de nature vésiculaire.
En effet, lorsque l’on prévient les variations de la concentration
en Ca2+ dans les astrocytes, la libération du co-agoniste est limitée.
Le nombre de récepteurs NMDA activés est alors insuffisant
pour déclencher un renforcement à long terme de la communication
neuronale. Ils ont donc mis en évidence que la libération
gliale d’un co-agoniste des récepteurs NMDA en fonction du
Ca2+ intracellulaire contrôle la plasticité des milliers
de synapses excitatrices situées à proximité.
"La force de cette étude est qu'elle apporte de nouvelles
connaissances spécifiques sur la plasticité des synapses
dans l'hippocampe. Des centaines de laboratoires ont étudié
ces synapses de manière routinière sans savoir que les astrocytes
jouaient un rôle capital dans leur plasticité" précise
Stéphane Oliet.
L’implication prouvée de la glie dans la plasticité
synaptique, dans la mémoire, ou dans de nombreux dysfonctionnements
cérébraux fait d’elle une cible de choix pour de futurs
développements thérapeutiques. Reste aussi à étudier
le rôle de ces cellules gliales dans d’autres centres classiques
de la mémoire tels que le cervelet ou le cortex cérébral.
Source :
Long-term potentiation depends on release of D-serine from astrocytes
Accès
à l'article original dans Nature, 14 January 2010,
Contact chercheur :
Stéphane
Oliet
Unité Inserm 862 "physiopathologie de la plasticité
neuronale"
Université Victor Segalen Bordeaux 2 / Neurocentre Magendie
146 rue Léo Saignat
33077 Bordeaux Cedex
Tél. : 05 57 57 36 00
Contact presse :
Amélie
Lorec (tél. : 01 44 23 60 73)

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