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Mars 2010 - Biodiversité des pollens
et santé des abeilles
Les colonies d’abeilles souffrent d’un déclin depuis
plusieurs années, et une hypothèse avancée serait
un affaiblissement de leur système immunitaire, lié notamment
à une alimentation appauvrie. Des chercheurs de l’INRA ont
étudié chez ces insectes la relation entre alimentation
et immunité. Les résultats de ces travaux montrent en effet
que la quantité et la diversité des ressources alimentaires
(pollen) ont un impact direct sur la santé du pollinisateur.
es effets du pollen sur la capacité des abeilles à résister
aux maladies ont été testés en mesurant différents
paramètres (concentration en hémocytes, taux de graisse
corporel, activité de la phénoloxidase). Les hémocytes
sont des cellules de l’hémolymphe, liquide circulant chez
les insectes. Elles sont impliquées dans la phagocytose et l’encapsulation
des parasites, cette dernière nécessitant également
l’activité de l’enzyme phénoloxidase ; le gras
corporel est le principal site de synthèse de peptides antimicrobiens.
omme êtres sociaux, les abeilles ne dépendent pas seulement
d’une immunité individuelle, mais aussi du fonctionnement
de l’ensemble de la colonie. Les chercheurs ont donc également
analysé l’activité de la glucose oxydase comme paramètre
de l’immunité sociale. Cette enzyme permet de synthétiser
les produits antiseptiques, sécrétés dans l’alimentation
des larves et le miel. Ils contribuent ainsi à la stérilisation
de l’alimentation de la colonie, et par conséquent à
la prévention de la contamination des maladies au niveau du groupe.
Afin de tester l’effet de la quantité de protéines
(fournies par le pollen) et de la diversité des pollens sur l’immunité
individuelle et sociale, des groupes de 80 abeilles ont été
nourris avec du pollen monofloral présentant des différences
en quantité de protéines, et d’autres groupes avec
du pollen multi-fleurs présentant entre eux des taux identiques
de protéines. Un groupe de contrôle ne recevait aucun pollen.
L’expérience a été répétée
sur 5 colonies différentes.
Les résultats montrent que la quantité de pollen consommée
par abeille et par jour est la même entre les différents
groupes quelque soit le type d’alimentation. Par contre, la composition
en pollen a un effet significatif sur les différents paramètres
de l’immunité.
Concernant l’immunité individuelle des insectes, il n’y
a pas de différence observée entre les différentes
alimentations de pollen monofloral. Par contre, l’alimentation par
du pollen multi-fleurs contribue à une meilleure immunité
individuelle.
La diversité des ressources alimentaires
contribuent à une meilleure immunité de la colonie
Concernant l’immunité sociale, les abeilles nourries avec
du pollen monofloral (même celui contenant le plus de protéines)
produisent moins d’antiseptiques (sécrétés
dans l’alimentation des larves et le miel) que celles nourries avec
du pollen polyfloral, et par conséquent la colonie devient plus
sensible aux maladies. Ceci souligne l’importance de la diversité
de l’alimentation pour l’immunité coloniale, nécessaire
pour l’apport des différents acides aminés provenant
des protéines ou des composés lipidiques. Les chercheurs
vont poursuivre leurs travaux, pour identifier quel mélange de
pollen est optimal pour développer l’immunité des
abeilles.
Références :
Diet effects on honeybee immunocompetence
Cédric Alaux, François Ducloz, Didier Crauser and Yves Le
Conte
Biology Letters. published online 20 January 2010 ; doi: 10.1098/rsbl.2009.0986
Contacts :
Yves Le Conte
tél. : 04 32 72 26 27 ou yves.leconte@avignon.inra.fr
unité mixte de recherche « Abeilles et environnement»
INRA-Université d'Avignon et des Pays de Vaucluse
département « Santé des plantes et environnement»
centre INRA de PACA.

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